14.09.2011
NO COMMENT NUMERO 2
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Charlotte Gainsbourg " Stage whisper"
Très présente cinématographiquement parlant, notamment dans le dernier film de Lars Von Trier "Melancholia", notre Charlotte nationale revient sur la scène musicale avec un album beaucoup plus électro et "punchy" que les précédents! Sortie prévue le 6 novembre 2011, soyez à l'affût...
En attendant, un ptit teaser!
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06.09.2011
Will Claye & the Holy bible
Dimanche 4 Septembre 2011, championnats du monde d'athlétisme-Daegu, finale du triple saut.
Will Claye, jeune athlète américain de 20 ans, se place sur la 3ème marche du podium en battant son record personnel à 17m50. Devancé par son compatriote Christian Taylor qui remporte l'or (saut à 17m96...comme l'impression qu'il s'envole là), la jeune garde américaine place ses pions sur l'échiquier mondial, et ce malgré la respectable opposition du détenteur du titre Phillips Idowu (médaille d'argent). Jusque là, rien de plus que ce que vous avez pu voir sur France2 ou lu dans les news de l'Equipe (d'ailleurs vous hésitez déjà sûrement à faire l'impasse sur ma chronique du jour "La pauvre Clarisse, dure cette reconversion..")
Venons en au fait: pour commencer, un petit visionnage du saut de Will, de sa joie&de son comportement.
Alors? Non vraiment, rien à signaler? Allez, on se le fait une 2ème fois...Toujours pas? Ou peut être que si, peut être que son premier geste après avoir salué la foule d’un poing rageur vous a frappé- peut être que de le voir fouiller frénétiquement dans son sac à dos et d’ en sortir… The Holy Bible, de la brandir et de la coller dans le champ de vision de la caméra la plus proche vous a marqué. HUM. Je n’ose même pas imaginer les indignations et le tôlé que cela aurait provoqué dans la sphère médiatique et chez les organisateurs de la fédération internationale d’athlétisme (IAAF) si cela avait été… Un autre livre religieux. Evidemment, le sport, considéré communément comme « le miroir de la société », n’est pas imperméable aux diverses controverses politiques, sociales et économiques. Les multiples boycotts, gestes, engagements des athlètes ou des nations au travers des évènement sportifs depuis le début du XXème siècle, sont significatifs de l’utilisation du sport comme arme politique- bien que celui-ci est théoriquement régi par « le principe de non intervention politique ». De l’utilisation des JO de 1936 par Adolph Hitler afin d’exposer son idéologie fasciste, aux boycotts fréquents pratiqués pendant la période de la guerre froide (avec une efficacité plus ou moins discutable), en passant par les gestes politiques forts tel le poing levé des athlètes américains Tommie Smith et John Carlos, champions du 200 mètres aux JO de Mexico en 1968, qui affichèrent ainsi leur soutien au mouvement antiségrégationniste américain des Black Panthers, impossible de nier la forte exposition du sport aux phénomènes de société. 
Une simple et rapide étude de l’après guerre jusqu’ aux JO de Pékin en 2008 permettent de répertorier pas moins de 5 boycotts ou exclusions de pays des compétitions pour raisons politiques : l'Egypte, l'Irak et le Liban ont boycotté les Jeux Olympiques de Melbourne en 1956 pour protester contre la guerre de Suez tandis que l'Espagne, la Suisse et les Pays Bas se retiraient après l'invasion soviétique de la Hongrie. L'Afrique du Sud a été interdite de compétition olympique à l'époque des Jeux de Tokyo en 1964 à cause de sa politique d’Apartheid (ségrégation raciale conduite en Afrique du Sud par la minorité blanche à l'encontre de la majorité noire) , ce qui a entrainé en 1976, la Tanzanie et 22 pays africains dans un boycott des Jeux de Montréal en raison de la présence de la Nouvelle Zélande, qui avait envoyé une équipe de rugby faire une tournée en Afrique du Sud (et ouiii,ça ne s’arrête JAMAIS !).Sans oublier les boycotts politiques qui ont failli paralyser le mouvement olympique quand les Etats-Unis, l'Allemagne de l'Ouest et le Japon, ont boycotté les Jeux Olympiques de Moscou en 1980 pour protester contre l'invasion soviétique de l'Afghanistan. Je sens que là j’en ai endormi quelques un là, alors je vous épargnerai l’épisode des représailles du bloc soviétique lors des Jeux Olympiques de Los Angeles (4ans plus tard) ou encore le fait que la Corée du Nord, Cuba, l'Ethiopie et le Nicaragua refusèrent d'envoyer des athlètes aux jeux de Séoul en 1988 (hihihi, je l’ai placé).
Bref, plus récemment les réticences concernant l’organisation des JO à Pékin, de par la position controversée de la Chine en ce qui concerne les droits de l’homme, et notamment la répression sanglante des tibétains a Lhassa au printemps 2008 a provoqué au sein de la communauté internationale (et de la part des associations de défense des droits de l’homme) de multiples critiques sur la pertinence du choix de la Chine en tant que pays organisateur. Les valeurs de l’olympisme ne semblaient pas vraiment en accord avec celles d’un pays à parti unique toujours adepte de la peine de mort.
Cela étant dit, revenons à Will Claye et à sa Bible. Il semble convenu que « toute forme de démonstration ou propagande politique, religieuse ou raciale » est prohibée lors d’évènements sportifs, de compétitions nationales ou internationales. Que dis je, non convenu, mais inscrit dans la Charte Olympique (règle 51), inscrit dans le règlement de la FIFA "les joueurs et les dirigeants ne doivent pas arborer sur leur tenue de jeu ou d'équipe de message ou de slogan d'ordre politique, religieux, commercial ou personnel" et par ailleurs inscrit dans notre bonne vieille Constitution française « Il est interdit (...) d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices du culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. (...) » (art. 28- Loi sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905)
Certes, on est d’accord que là, sur la scène internationale, notre Constitution n’est pas vraiment un argument perspicace. Seulement que penser du geste de Will Claye non commenté ni relayé, quand par exemple la FIFA reprend la fédération iranienne de foot sur le code vestimentaire qu’elle a imposé à ses footballeuses, et qui pourrait les empêcher de participer aux Jeux olympiques de Londres en 2012. (NB : « L'Iran pensait s'être conformé aux règlements de la Fédération internationale (FIFA) en faisant jouer sa sélection féminine avec un bas de survêtement et un maillot recouvrant entièrement le corps, et un foulard masquant la chevelure. Mais le délégué de la FIFA a interdit aux joueuses iraniennes vendredi à Amman de pénétrer sur le terrain pour disputer leur match de 2e tour de qualification pour les Jeux contre la Jordanie, qui l'a emporté sur tapis vert 3-0. » www.lemonde.fr). Je ne commente ni ne m’engage contre cette décision, bien au contraire : le respect de cette (à mon avis) juste règle déjà citée précédemment, et pilier des valeurs sportive, de ne « pas arborer sur leur tenue de jeu ou d'équipe de message ou de slogan d'ordre politique, religieux, commercial ou personnel » est louable. Serait ce donc une FIFA exemplaire, à qui il faudrait adresser des propos élogieux ? Ou serait ce un fonctionnement et une éthique à appliquer strictement et « avec justesse » pour toute manifestation sportive ?
Je pense qu’il est simplement honnête de se questionner sur quelle aurait été notre réaction, si l’athlète en question, de quelconque nationalité ou origine qu’il soit, avait brandi un Coran à l’annonce de sa médaille de bronze.
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